Pourquoi ne suis-je pas devenue « nappy » il y’a 7 ans?

Attention sujet sensible 🙂

 

Comment je découvre le concept « nappy »

Au courant d’une discussion avec une amie vivant en Europe, j’avais été sensibilisée à l’urgence de la déstigmatisation des cheveux crépus. Aussi, durant la conversion, elle avait souhaité avoir mon ressenti sur mon port d’extensions(appelé greffe/tissage); elle voulait savoir si je ne me sentais pas gênée avec des rajouts et des cheveux défrisés en avant. J’avais répondu non.

Pour beaucoup de nappy-militantes, les raisons qui pousseraient les autres africaines à choisir ces styles capillaires « non nappy » seraient:

  • La honte du cheveu crépu,
  • La volonté d’imiter les blanches(caucasiennes), aux cheveux lisses, type de cheveu érigé en standard de beauté ultime,
  • L’Héritage d’une frustration coloniale. L’africain post-colonial aurait du mal à assumer ses attributs naturels.

Le moment d’introspection

Cet échange m’avait vraiment fait cogiter. Vous connaissez le délicieux sentiment qu’on ressent lorsqu’on est bousculé par un problème qu’on ignorait avoir jusque là; dont on avait même pas connaissance.

Je prenais donc la résolution le soir même de devenir une nappy.

Immédiatement, j’en parlais donc ma mère, elle même nappy avant l’heure. Elle m’apporta une réponse assez étrange(je paraphrase à peine) :

  • Si un seul instant tu penses mettre des extensions & tissages ou te défriser les cheveux pour les raisons que tu viens de citer(les raisons des nappy-militantes évoquées plus haut) devient nappy. C’est très bien d’apprendre à s’apprécier, vraiment très bien!
  • Par contre, si ce n’est pas le cas, attention à ne pas porter des complexes qui ne sont pas tiens.

De là, me voilà un peu refroidie dans mon élan.

Quel mindset avais-je à cette époque?

J’animais à cette époque un blog sur la beauté de la culture Béti (plus précisément Ewondo). Tout était parti d’un devoir d’université et j’avais naturellement choisi de monter ce projet là.

Aussi, j’avais un petit dictionnaire d’Ewondo, cadeau d’un parent, pour apprendre la langue. Je dois le reconnaître, je le consultais très peu. Néanmoins, j’essayais d’apprendre quelques mots çà et là.

Les sujets de néocolonialisme m’intéressaient aussi, comme la politique en Afrique d’ailleurs. Le projet du NEPAD du président Wade avec l’appui d’autres, me semblait intéressant.

A côté, je n’étais pas répugnée ou honteuse à la vue de mes photos de collège, ou d’enfance; où j’avais des tresses ou des ponpons fait avec mes cheveux crépus. Je coiffais d’ailleurs avec plaisir l’une de mes soeurs aux cheveux crépus.

 

Long story short, voilà pourquoi moi, moi, moi, je ne suis pas devenue nappy : parce que à ce moment là précisément, je l’aurais fait pour prouver ou démontrer que j’étais une africaine bien dans sa peau, qui assume ses attributs naturels/n’a pas honte de ses cheveux; et ce n’était pas nécessaire puisque je l’étais déjà. Cette démarche, lutte, vers une plus grande acceptation de son africanité, dans ce qu’il peut aussi y avoir de naturel/brut, n’était pas le mien. A ce moment là!

Cet article en réalité fait 5 pages. J’ai choisi de le fractionner en plusieurs. Ainsi, ma pensée sur le sujet n’est quasiment pas vraiment exposée(haha!). Si le sujet vous intéresse, Nappy ou pas, restez connectés la suite arrive(je cherche encore la bonne cadence). Par ailleurs, à la fin de la série, en plus de vos contributions en commentaires, celles/ceux qui le souhaitent pourraient proposer un article pour challenger mes idées(avec joie!).

La suite…

      • Pourquoi je ne suis pas encore nappy?
      • Nappy au Cameroun entre mode et philosophie?
      • Les tresses ou l’afro : choisir entre la tradition et les évolutions
      • Le cheveu crépu : entre nature et culture, qu’est ce qui essentialise l’africain aujourd’hui?
      • ainsi de suite…

2 commentaires

  1. Sujet intéressant justement en ce moment j’ai ce type de soucis mais pas dans le sens des militantes-nappy. En fait je fais beaucoup de sport et Dieu sait que pour une fille c’est compliqué d’être femme et sportive en même temps. L’entretien des cheveux avec ce type d’activité c’est la muerté. 🤡😅. Bref je n’ai pas encore une solution définitive mais les expériences que j’ai déjà faite là. Moi même j’en ris souvent. Bref aucune n’a été concluante. Aussi je me suis mise en tête que si je retrouve mes cheveux naturels et que je les laisse assez pousser, je pourrais me faire ces Alicia keys que j’affectionnais tant et qui sont faciles à entretenir.

    Aimé par 1 personne

    1. Si tes cheveux naturels te mettent à l’aise et te permettent de te sentir bien c’est l’essentiel! Il y’a de nos jours énormément de recette pour l’entretien, la coiffe etc. Donc je suis sûre que tes Alicia Keys seront sublimes et permettrons à ta tête de respirer(lol!).

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